Figure de vieillard à courte barbe, vers 1630
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REMBRANDT Harmenszoon van Rijn

Figure de vieillard à courte barbe, vers 1630

Description de l'oeuvre

REMBRANDT Harmenszoon van Rijn
Leyde 1606 † 1669 Amsterdam
Eau-forte et pointe sèche originale.
H111(142)xL79(104)mm.
Très légères salissures marginales. Un petit manque à l’angle supérieur droit.
Bartsch n°151. White & Boon n°151. New Hollstein n°48 entre I et II/III

Rare épreuve sur vergé mince, d’un état intermédiaire entre le 1er et le 2e état (sur 3) : avant le dédoublement de la ligne de terrain sur la gauche, mais le monogramme déjà passé, la rayure verticale blanche en bas à gauche déjà présente, et les tailles diagonales derrière le personnage absentes.

Bonnes marges non équilibrées.

Sur les pas de Jacques Callot: Cette gravure appartient à l’œuvre de jeunesse de Rembrandt. Le peintre, résidant alors à Leyde où il partageait un atelier avec Jan Lievens (1607 † 1677), s’initia à l’eau-forte - sans doute auprès de son camarade - et fit l’acquisition d’estampes de Jacques Callot. S’inspirant de la série des Gueux (1622-1623) du célèbre maître nancéien, Rembrandt livre ici une image bouleversante de la misère humaine. Il n’eut qu’à croquer son sujet sur le vif : les rues de Leyde, en ce début du Siècle d’Or hollandais, offraient le spectacle de grands contrastes sociaux. L’opulence des boutiques de la riche cité drapière côtoyait l’indigence la plus extrême, le vagabondage et la mendicité, tous deux réprimés par les autorités municipales.

Portrait de la solitude humaine: D’autres planches de gens de rue, exécutées à la même époque, sont à rapprocher de notre sujet : citons le Gueux assis se chauffant les mains (B.44); le Gueux assis sur une motte de terre (B.50); le Gueux à la jambe de bois (B.49) ; le Couple de mendiants à côté d’une butte (B.51); Le lépreux (B.18). Dans toutes, Rembrandt fait preuve d’une évidente empathie à l’égard de ses modèles - au point d'ailleurs de prêter ses traits au Gueux assis sur une motte de terre. À l'inverse de Callot ou de Bellange, sans doute plus détachés, Rembrandt n’use d’aucun ressort grotesque ou pittoresque. La tonalité de notre gravure est grave, pathétique : le dessin vibrant et tremblotant de sa pointe vient saisir la fragilité de cette figure. Rembrandt brosse ici le portrait universel de la douleur et de la solitude humaines.


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CAT XXXII n°6.1