[Vue des toits de Paris, depuis le 17 rue du Cherche-midi, chez l’auteur]. Vers 1843.
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FIZEAU Armand Hippolyte

[Vue des toits de Paris, depuis le 17 rue du Cherche-midi, chez l’auteur]. Vers 1843.

Description de l'oeuvre

FIZEAU Armand Hippolyte
Paris 1819 † 1896 Venteuil (Seine-et-Marne)
Photogravure (procédé Fizeau).
70 x 93 mm [115 x 157].
Grandes marges. Quelques rousseurs éparses.

Épreuve sur vélin crème.


Dans l'histoire des sciences, le nom d'Hippolyte Fizeau reste attaché à la première mesure terrestre de la vitesse de la lumière (1849). Ses travaux précurseurs sur la nature de la lumière furent cependant précédés d'intenses recherches, non moins pionnières, dans le domaine de la photographie.

A l'âge de vingt ans, encore étudiant à l'Ecole de médecine, Fizeau se passionne pour l'invention de Niepce et Daguerre, qu'Arago vient de présenter solennellement à l'Académie des Sciences. Dès 1840, le jeune savant apporte des perfectionnements décisifs au daguerréotype : il écourte les temps de pose, améliore la fixation des images sur la surface argentée, et en rehausse les contrastes.

Très vite, il s'attèle également à résoudre une autre faiblesse de l'image daguerrienne : sa non-reproductibilité. Le problème est épineux : il lui faudra presque quatre ans pour parvenir à des résultats satisfaisants. Le 7 décembre 1843, le brevet d'invention de la « Gravure photographique » est délivré à « Fizeau, étudiant en médecine, à Paris, rue du Cherche-Midi, n.17 ». Sa méthode, bientôt baptisée de son nom (« procédé Fizeau »), s'inspire des techniques de taille-douce traditionnelles, en particulier de l'eau-forte. Elle consiste à soumettre la plaque photographique à un traitement chimique, la rendant apte à recevoir une morsure d’acide. Ainsi gravé, le daguerréotype se transforme en matrice d’impression. Une mince pellicule de cuivre, déposée à sa surface par galvanoplastie, permet en principe d’accroître la résistance de la plaque d’argent aux tirages successifs.

Fizeau fut secondé dans sa tâche par des graveurs expérimentés et talentueux : entre autres par Louis-Henri Brévière, directeur des travaux de gravure à l’Imprimerie royale, avec lequel il réalise, au cours du printemps et de l’été 1843, plusieurs essais photogravés de vues du quartier Saint-Sulpice. Certains clichés sont pris depuis sa fenêtre et s’ouvrent sur un enchevêtrement de toitures vétustes. On reste saisi par l'acuité de ces épreuves, par la beauté des contrastes et le brillant des lumières, dont les effets rappellent parfois les Eaux-fortes sur Paris de Charles Meryon (le graveur avait-il connaissance de ces paysages urbains lorsqu'il fixa dans le cuivre, en 1854, sa célèbre Morgue ?).

Des expériences et tâtonnements du jeune Fizeau, entre 1840 et 1843, seule une trentaine de daguerréotypes, mordus à l’acide en vue de leur reproduction, ont subsisté jusqu’à nous. Quant aux impressions de ces plaques proprement dites, elles sont demeurées, en dépit des efforts de Fizeau, extrêmement limitées : de mise en œuvre délicate, et nécessitant l'intervention d'un graveur professionnel, le procédé Fizeau ne pouvait fournir qu’un très petit nombre d’épreuves, rendant impossible son application industrielle. Les photogravures de Fizeau forment cependant un jalon essentiel dans l'histoire des techniques de reproduction photomécaniques. Son procédé sut entre autres retenir l’attention de William Henry Fox Talbot, qui tenta de l’améliorer au début des années 1850.

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CAT 36 n°21